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Les mouvements paroxystiques non épileptiques du nourrisson sont stéréotypés et identifiables
C'est parti !

Saison 1 - Épisode 23

Les mouvements brusques, transitoires des nourrissons peuvent être pris, de façon erronée, pour des manifestations épileptiques. Une équipe romaine montre qu'il s'agit d'un registre de mouvements finalement assez limité et reconnaissable.

Lien vers le résumé en ligne : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34519642/

On vous laisse écouter !

L’étude

Il s'agit du travail d'une équipe italienne qui s'est intéressée aux enfants avant l'âge d’un an.

Des nourrissons adressés pour des explorations de mouvements paroxystiques. Derrière, il y a un peu la suspicion qu'il puisse s'agir de formes d'épilepsie du nourrisson, notamment de spasmes épileptiques. Et ce sont des enfants qui présentaient, selon les parents, l'entourage, les médecins référents des mouvements brusques, soudains, inopinés, parfois répétitifs, que nos collègues italiens vont caractériser à l'aide d'un enregistrement vidéo EEG.

En fait, ils identifient  21 enfants qui présentaient ces mouvements et ils certifient l'absence de décharges épileptiques. Donc, il s'agit bien de mouvements qui ne sont pas épileptiques et qui, en fait, vont évoluer spontanément, favorablement, c'est-à-dire qu'ils vont tous disparaître chez les enfants qui, dans leur immense majorité, n'ont aucun trouble du développement, donc des enfants normaux et des mouvements qui sont en fait des choses qui peuvent être qualifiées de normales ou en tout cas un peu inhabituelles et atypiques.

Le résultat principal de cette étude

Les auteurs identifient en fait quatre formes différentes qui sont assez stéréotypées, d'abord une fois sur deux, donc dans la majorité des cas, il s'agit d'un mouvement limité de la tête dont vous avez un exemple ici, comme une chute brutale de la tête, un abaissement, une flexion de la nuque avec une contraction des muscles qui vont fléchir la tête. C'est un mouvement assez fréquent qui est retrouvé donc une fois sur deux.

Les autres mouvements un peu plus rares sont les shuddering attacks qui sont en fait des attaques de frissons, qui sont les enfants qui vont présenter des mouvements un peu répétitifs, toujours au niveau de la musculature axiale de la tête, parfois en série, qui correspondent en fait donc à des frissons qui, eux aussi, peuvent être pris pour de manière erronée, pour des manifestations d'origine épileptique. Un tiers des enfants avaient ce type de mouvements. Plus rare, des contractions toniques brèves du tronc et des membres chez dix% des deux enfants sur les 21. Ou un mouvement isolé d'élévation des épaules, comme un haussement d'épaules qui peut être aussi recueilli au point de vue EEG.

En fait, l'article est intéressant parce qu'il montre qu'il y a quand même un caractère relativement limité, stéréotypé, de cette sémiologie paroxystique qui intéresse majoritairement l'axe, le tronc, la nuque et qui vont parfois déconcerter tant les parents que les médecins.

Conclusion

Les auteurs suggèrent donc qu'il est possible, par exemple à partir de documents vidéo de ces épisodes, de les reconnaître, de les identifier sur cette base et par la suite, il est parfois nécessaire de recourir à un enregistrement vidéo polygraphique avec EMG de surface et EEG pour confirmer la normalité de l'activité cérébrale au cours de ces événements. Et ils proposent le terme de Transient infant movements (TIM). L'acronyme (TIM) correspond en fait à des mouvements transitoires du nourrisson qui seraient utiles pour qualifier ce genre d'événement dont personnellement, j'ai vu plusieurs exemples au cours de ma pratique.

*Ce texte est une retranscription du podcast ci-dessus, il est possible que quelques erreurs de lexique, formulations, etc... se soient glissées dans le texte, référez-vous plutôt à la vidéo du podcast.

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