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Les crises épileptiques au moment ou à distance d'un AVC ischémique : quels facteurs associés ?
C'est parti !

Saison 1 - Épisode 13

Les Accidents vasculaires cérébraux sont la principale cause d'épilepsie se manifestant chez la personne âgée. Une étude européenne examine, sur plus de 4000 sujets, les facteurs qui sont associés au développement de cette complication.
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34505305/

On vous laisse écouter !

L’étude

Il s'agit d'une étude multicentrique européenne impliquant de nombreux centres traitant les AVC ( Accidents vasculaires cérébraux) qui peuvent être soit d'origine hémorragique mais ici, il ne sera question que des AVC ischémique, c'est-à-dire liée en gros à un défaut de perfusion d'une région du cerveau par occlusion d'un vaisseau.

Ces patients, 4229 patients sont inclus, ont été traités à la phase aiguë au moment de la présentation, soit par l'application d'un traitement de reperfusion en pratique thrombolyse ou thrombectomie qui vise à détruire le bouchon qui a obstrué le vaisseau pour 1225 patients, soit par un traitement plutôt symptomatique sans essai de reperfusion pour 3000 patients. Ils ont été suivis de manière à voir si ces patients développaient ou pas des crises soit à la phase aiguë, c'est-à-dire au cours de la première semaine de l’AVC. C'est ce qu'on appelle des crises symptomatiques aiguës, ici entourées de bleus, soit à la phase plus tardive, c'est-à-dire à distance, lorsque les sujets vont présenter une épilepsie, c'est-à-dire au moins une crise et un facteur de prédisposition cérébral à l'épilepsie, en l'occurrence l'antécédent d’AVC.

Autrement dit, les sujets ici encadrés en orange, vont développer une authentique épilepsie qu'on va qualifier de vasculaire post-AVC. Vous voyez que la proportion de sujets qu'ils vont présenter, soit la phase aiguë, soit plus tardivement des crises épileptiques, est assez réduite en pratique autour de 5 à 6 %.

Le résultat principal de cette étude

Et puis, bien sûr, on va comparer les facteurs qui seront associés à la survenue de ces crises, à la phase aiguë ou lors de la phase retardée à distance de l’AVC. Pour ce qui est des crises de la phase aiguë de l’AVC, les facteurs associés sont la sévérité de l’AVC, notamment traduite par le score NIHSS. C'est un score qui est utilisé en clinique et qui permet de codifier la sévérité de l’AVC. Il est possible de calculer en ligne, notamment sur le site de la sfmu. Donc lorsque ce score est supérieur à 11, ce qui signifie une sévérité modérée à sévère, il y a davantage de crises épileptiques symptomatiques aiguës.

D'autre part, lorsque l'AVC est lié à une occlusion des petits vaisseaux, ce risque est diminué. Donc c'est une relation qui est inverse. Les petits vaisseaux vont être plutôt associés à l'absence de crises à la phase aiguë, ce qu'on comprend très bien intuitivement.

Lorsque l'AVC va concerner le la circulation cérébrale postérieure, il y a davantage de crises de la phase aiguë et surtout lorsqu'il y a une implication de territoires corticaux. Ce risque est aussi important. En revanche, l'application ou pas d'un traitement de reperfusion ne va pas influencer ce risque de crise.

Ça, c'est une donnée importante parce que la thrombectomie, la thrombolyse ont pu être associées à des crises de manière notamment anecdotique dans l'idée que la reperfusion peut favoriser des phénomènes d'hyperactivité corticale avec des crises. Donc ça, c'est pour les crises symptomatiques aiguës, pour l'épilepsie, pour en parler, qui se révèle à distance.

On retrouve le facteur de célérité, vous voyez ici un score NIHSS supérieur à 11. L'atteinte des gros vaisseaux et de la circulation de la cortical. Le fait que le sujet a présenté des crises de la phase aiguë est ici associé à un risque augmenté d'épilepsie à la phase tardive.

Autrement dit, une proportion non négligeable des sujets qui ont présenté une crise à la phase aiguë va présenter par la suite une épilepsie vasculaire. Là aussi, le traitement perfusion n'est pas associé à une augmentation de ce risque.

Conclusion

Les conclusions des auteurs, c'est donc que les risques concernant 6% de sujets qui vont développer une épilepsie après un AVC ischémique repose essentiellement sur la présence de crises à la phase aiguë, des AVC plus sévères impliquant le cortex et liées à l'atteinte d'artères de gros calibres.

En revanche, l'EEG à la phase aiguë n'est pas un indicateur de risque plus tardif et les crises asymptomatiques et aiguës peuvent être donc constituées en quelque sorte le lit de crises plus tardives. Enfin, la thrombolyse intraveineuse ou la thrombectomie mécanique ne constituent pas un risque plus important, soit d'épilepsie poste AVC, soit de crises symptomatiques aiguës.

*Ce texte est une retranscription du podcast ci-dessus, il est possible que quelques erreurs de lexique, formulations, etc... se soient glissées dans le texte, référez-vous plutôt à la vidéo du podcast.

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